Publié le 29.01.2026
Rendu de l'étude changement climatique de la vallée de l'Ognon
Le 29 janvier 2026, le Syndicat de la Vallée de l’Ognon (SVO) a organisé un Comité de Pilotage (COPIL) à la Maison de l’Ognon, à Boulot, pour présenter les résultats de l’étude prospective sur la ressource en eau du bassin versant de l’Ognon. Cette réunion, introduite par Gilles Pinassаud, Président du SVO, et Serge Jacob, Préfet de Haute-Saône, a rassemblé élus, experts, associations et partenaires pour échanger sur les défis liés au changement climatique et les solutions à mettre en œuvre.
Différents diaporamas de présentation diffusés lors du COPIL:
Les enjeux : anticiper pour éviter les crises
L’étude, menée par les bureaux d’études CPGF Horizon et ISL Ingénierie, vise à :
- Évaluer l’état actuel des ressources en eau.
- Anticiper leur évolution d’ici 2050, en intégrant les scénarios climatiques (Aladin et HadGem).
- Préparer des stratégies d’adaptation pour garantir une gestion équilibrée entre les usages (eau potable, agriculture, industrie) et la préservation des milieux naturels.
Serge Jacob, Préfet de Haute-Saône, a rappelé l’urgence d’agir : « Nous devons éviter les situations de crise comme en Haute-Garonne, où des réunions de gestion de pénurie ont lieu chaque semaine. La Haute-Saône doit anticiper, en s’appuyant sur des études robustes et une concertation élargie. »
Les résultats clés : des scénarios contrastés
Recharge des nappes : des disparités territoriales
- Zones de karst (amont) : Sensibles au tarissement, avec des risques accrus en cas de périodes sèches prolongées.
- Zones alluviales (aval) : Potentiel de stockage à exploiter, notamment via la restauration des zones humides et des cours d’eau.
Thierry Gaillard (CPGF Horizon) a insisté sur la nécessité de mesures locales pour affiner les prédictions : « Sans données précises, il est difficile de prévoir le comportement des nappes karstiques. » »il n’existe actuellement que deux piézomètres sur la vallée »
Modélisations climatiques : rester vigilants et anticiper
Deux scénarios ont été présentés :
- Aladin : Augmentation modérée des températures et des débits moyens (+8%) et étiages peu impactés.
- HadGem : Étiages sévères (jusqu’à -66% pour le débit minimal sur 5 jours), en raison d’une baisse des pluies estivales (-33%) et d’une hausse des températures (+4°C).
Charlotte Logvinenko (ISL Ingénierie) a précisé : « Avec HadGem, la ressource devient si limitée en été que les prélèvements ne peuvent plus être assurés pendant 50 jours par an par rapport à aujourd’hui. »
Impact des usages : une gestion à repenser
Les prélèvements (eau potable, agriculture, industrie) ont un impact limité sur les débits (baisse de 0 à 5%), mais leur gestion doit être optimisée pour éviter les tensions. « L’eau potable doit être préservée, il pourrait être intéressant de se pencher sur des solutions à même de répondre à ce besoin, à l’instar de réutilisation des eaux usées traitées et des eaux grises qui pourrait se développer », a rappelé le Préfet.
Prochaines étapes : un atelier pour les élus en milieu d'année 2026
Les membres du COPIL ont un mois pour formuler des remarques sur l’étude. Un atelier de travail est prévu après les éléctions afin de partager collectivement ce diagnostic et permettre aux décideurs d’intégrer pleinement les enjeux et les conclusions de l’étude.
Pour aller plus loin
Consultez les présentations des bureaux d’études (CPGF Horizon et ISL Ingénierie) disponible en haut de page
Consulter les rapports d’étude disponibles ICI
- Contact : Aurélien Gesell, Coordonnateur du Contrat de Rivière Ognon – 📞 03 81 55 41 55 | ✉ aurelien.gesell@riviereognon.fr