Travaux Crenu 1ère phase (2020-2021) : Secteur de Rognon

Publié le 01.02.2022

Suite au diagnostic engagé par la Communauté de Communes des Deux Vallées Vertes, une première phase de travaux a été menée par le SMAMBVO sur le secteur de Rognon (tronçons 3 et 4 du Crenu) en juillet 2020 qui ressortait comme un secteur très perturbé écologiquement. Les travaux visaient principalement l’augmentation de la hauteur d’eau en périodes de basses eaux, la restauration de la continuité écologique, et l’amélioration du fonctionnement de la nappe d’eau qui accompagne le cours d’eau.

Enjeux et objectifs des travaux de restauration :

Localisation de l’emprise des travaux de restauration du Crenu à Rognon

Le Crenu est un petit cours d’eau situé en rive gauche de l’Ognon qui traverse la Communauté de Communes des Deux Vallées Vertes. Suite au constat d’une dégradation de la qualité du ruisseau ainsi qu’aux échanges avec la Fédération Départementale de pêche et de protection des milieux aquatiques du Doubs, la Communauté de Communes a confié au bureau d’études Naldeo (ex Poyri) la mission de réaliser un diagnostic global du ruisseau.

Le secteur de Rognon est ressorti de l’étude diagnostique comme un secteur particulièrement dégradé, la traversée de Rognon constituant un point noir vis à vis de la qualité morphologique du cours d’eau. Par la suite, le linéaire situé en aval du village apparaissait fortement incisé et avec une qualité d’habitat relativement médiocre.

Toutefois la température globale de l’eau, le gabarit naturel du cours d’eau, son débit et son caractère pérenne justifiaient largement une opération de restauration.

Le tronçon 3, au cœur de Rognon, correspond à une portion totalement artificialisée.

En effet, le tracé autrefois méandriforme a été rectifié sur environ 200 m en un linéaire totalement droit dont le fond est constitué d’un pavage en pierre et dont les berges ont été enrochées ou remplacées par des murs. La largeur d’environ 4 m est supérieure à celle du cours naturel de sorte qu’à l’étiage, la lame d’écoulement d’eau est très réduite.

Le diagnostic qui avait été effectué sur l’ensemble du Cours d’eau confirme que ce secteur totalement homogène ne permet pas le développement d’une faune équilibrée.

Sur le tronçon 4 situé en aval de Rognon, les études ont conclu à un milieu assez altéré. L’incision profonde subie par le lit du cours d’eau se traduit par des berges qui peuvent atteindre 2m.

Allure générale du Crenu avant travaux

Les travaux

Les travaux visaient donc à augmenter les capacités habitationnelles sur le secteur de cours d’eau situé au cœur du village et totalement canalisé. La philosophie recherchée était de permettre une diversité de vitesses d’écoulement et de hauteurs d’eau par des aménagements dans le lit mineur du cours d’eau sans augmenter le risque d’inondation, un aménagement plus conséquent n’ayant pas été retenu en raison de l’appréhension qu’il suscitait vis à vis des risques d’inondations.

Aménagement de micro-seuils dans la traversée de Rognon

L’aménagement de micro-seuils dans la traversée de Rognon a ainsi pour but de diversifier les habitats et de permettre une amélioration de la continuité écologique par une augmentation de la hauteur d’eau du cours d’eau en période d’étiage.

Ces micro-seuils, bien que présentant peu d’intérêts en termes d’habitats, permettent toutefois de garantir une hauteur d’eau minimale en période d’étiage. Cette solution reste toutefois loin d’être optimale puisque les larges zones d’eau calme en amont favorisent un réchauffement de l’eau.

C’est au cours du temps que ces installations verront leur efficacité s’améliorer avec la sédimentation dans les zones calmes qui s’effectuera petit à petit, aménageant ainsi un lit d’étiage diversifié du cours d’eau accompagné de banquettes.

Ces travaux s’accompagnent d’une recharge en sédiments adaptés, combinée à la mise en place de rampes d’enrochements afin de lutter contre l’incision du cours d’eau à l’aval immédiat de Rognon, une intervention sur la végétation a également été réalisée.

Recharge en sédiments

Les sédiments injectés avaient pour objectif de rehausser le fond du lit du cours d’eau et ainsi augmenter le volume de la nappe d’eau qui accompagne le cours d’eau. Cette rehausse du lit du Crenu permet ainsi d’augmenter la quantité d’eau disponible en période d’absence de pluie. Ce réservoir souterrain se déverse ainsi petit à petit dans le ruisseau lors des longues périodes sans précipitation et maintien alors un débit dit « d’étiage » (faible débit), retardant l’assec du cours d’eau.

En fonction des secteurs et des capacités du Crenu à mobiliser les sédiments, ceux ci ont été disposés soit par points d’injection, soit régalés au fond du lit tout en aménageant un passage préférentiel permettant la création d’un petit lit principal en période de basses eaux.

En effet sur les secteurs les plus dynamiques, avec des courants relativement puissants et des processus morphologiques matérialisés par de l’érosion de berge, les galets, pierres et graviers ont été disposés en amas. Cette modalité de dépôt permettant au ruisseau de mobiliser la quantité de sédiments nécessaire à son fonctionnement au cours des crues, et de les déposer sur les secteurs plus calmes de sédimentation.

Sur les secteurs moins courant, l’aménagement d’un chenal principal au sein de la recharge permet de garantir une relative hauteur d’eau favorable à la faune au cours des premières périodes de basses eaux.

Cette méthodologie n’a toutefois pas pu être appliquée sur l’ensemble du linéaire, la conservation de la végétation -en relativement bon état sur le Crenu- ayant été priorisée par endroit. Aussi, sur ces secteurs, des point d’injection réguliers, ne nécessitant que très peu d’abattage ou élagage de végétation, ont été privilégiés.

Rampes d’enrochements

Des rampes d’enrochements constituées de pierres non jointives ont été aménagées à plusieurs endroits du Crenu. Elles ont pour objectif de stabiliser le lit et garantir un arrêt de l’enfoncement de celui-ci qui semble encore actif aujourd’hui. Elles permettent également de diversifier un peu plus les écoulements.

Des travaux en deux temps

Une seconde phase de recharge a été réalisée en 2021. Elle a été l’occasion de reprendre certains aménagements qui n’avaient pas évolués de façon optimale et de réintroduire des sédiments sur les secteurs où ceux ci avaient été le plus mobilisés.

Un soutien important des différents partenaires

Cette opération a été soutenue financièrement par la Région Bourgogne-Franche-Comté et l’Agence de l’eau RMC.

La Communauté de Communes a supporté le reste à charge des travaux par l’intermédiaire du SMAMBVO.

Et après…

Une seconde phase de travaux est prévue en 2022 sur le secteur d’Avilley et de la confluence (tronçons 9,10 et 11)

Ces travaux permettront de restaurer la continuité écologique sur le secteur d’Avilley par l’installation de rampes d’enrochement en lieu et place du seuil d’Avilley et de restaurer la confluence du Crenu en créant un nouveau lit.

Un suivi est programmé afin de vérifier l’efficacité des travaux et programmer le cas échéant des mesures correctives.

L’ensemble de ces actions ont pour objectifs de restaurer des fonctionnalités satisfaisantes du ruisseau. Il remplira alors mieux son rôle de filtre pour améliorer la qualité de l’eau, de ralentissement et d’atténuation des crues, de soutien d’étiage et d’habitat pour les poissons et les insectes.